D’un lac à l’autre

Avant de retourner à Nairobi chercher notre visa éthiopien, nous décidons de faire une petite boucle pour profiter des lacs kenyans. Nous remontons plein nord direction Kisumu, sur les rives du lac Victoria, une véritable mer intérieure.

Nous passons une première fois la ligne de l’Equateur sur une piste nous menant à la Kakamega forest (oui c’est le nom, ça ne s’invente pas !!) Là encore nous avons des surprises avec la route parce que toutes les parties qui devaient être goudronnées sont en travaux et donc c’est encore des pistes servant de déviation, à travers la campagne, que nous utilisons. Cette forêt est un vestige de l’immense forêt équatoriale qui ceinturait l’Afrique d’un océan à l’autre il y a encore …. 3000 ans. Aujourd’hui il n’en reste que des bribes au Kenya (peut- être plus au Congo) ce qui intéresse beaucoup les scientifiques qui étudient la manière dont les écosystèmes s’adaptent à la fragmentation …. Les grands mammifères ont disparus des forêts mais elles servent d’habitats à un grand nombre d’espèces notamment plusieurs espèces de singes (Colombus noirs et blancs, singes bleus, et singes à queue rouge), d’oiseaux et de serpents.

C’est l’occasion de rencontres avec des passionnés de la forêt, comme Ernest , jeune naturaliste qui participe à l’étude des singes bleus avec une université américaine. En nous promenant, nous sommes invités dans une case chez Marlene et  Wilberforce Okeka, son mari, qui est guide dans la réserve. C’est avec une grande sagesse qu’il nous parle de son travail de sensibilisation auprès de la population sur l’importance de la forêt, de son rôle dans le cycle de l’eau, et de la pression humaine qui pèse sur elle. En effet, elle représente une ressource en terme de gibier , de bois pour le feu, de terres fertiles pour la population.

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La région est très peuplée, la densité atteint 800 personnes par km2 par endroit.  Pour ceinturer le périmètre de la forêt, des plantations de thé du gouvernement sont une occasion de travail et de revenu à une centaine de familles et ainsi éviter qu’ils aillent braconner dans la forêt. Bref, la gestion de cette forêt nous a paru très très compliquée… Nous irons la découvrir avec Caroline, notre guide, appartenant à la communauté. Nous avons vu pleins d’oiseaux et de singes et des arbres impressionnants dont un de plus de 600 ans, et des immenses figuiers étrangleurs dans lesquels on peut s’installer !

Puis nous prévoyons une halte au lac Naivaisha pour le week-end. Nous nous posons dans un super camping au bord du lac, le Fisherman camp, peuplé d’animaux : hippopotames, pélicans, marabout, petits inséparables … Le Kenya est un grand producteur de thé après l’Inde et le Sri Lanka, mais aussi de café et de fleurs coupées (grandes plantations de roses sous serres autour du lac Naivaisha) .

Non loin se trouve un parc national le Hell’s gate (porte de l’enfer, en raison de la forte activité géothermique) où nous partons passer une journée en vélo (tandem) loués au camping. Nous avons eu très chaud au retour mais la balade était super et les enfants ont bien pédalé. Nous avons roulé au milieu des buffles, des zèbres, des phacochères, baladé dans des gorges avec des sources d’eau chaude (60°) et dans un superbe canyon.

De retour au camping, nous découvrons que Jean, Michel et Karine, Boulos et Zeina croisés 15 jours plus tôt à Karen, sont venus ici pour le week-end eux aussi; avec un groupe de 40 personnes qui travaillent au lycée français de Nairobi. Ils sont donc tous arrivés il y a seulement un mois au Kenya. Tous sont vraiment très sympas ; nous faisons la connaissance de Gaëlle et Carl et de leur petite June, de Laurent et Virginie avec Adèle et Jeanne, de Erwan et Manue, de Bruno et de sa femme ainsi que son fils Mylan. Victor et Noé sont ravis : pleins d’enfants pour jouer !!  Nous recevons la visite d’une girafe, élevée chez des gens, qui vient se balader dans le camp, super curieuse de nous. C’est un mâle juvénile pourtant quand on se trouve près d’elle, c’est vraiment d’un géant qu’il s’agit.

Nous repartons en même temps le dimanche après-midi en direction de Nairobi.

Nous avons le projet de retourner voir Camille et Fanny. Mais le sort va en décider autrement ( hé oui sinon on aurait rien à raconter lol). Les conducteurs sur la route, avec encore beaucoup de camions, nous inquiètent énormément. Ici, les statistiques routières doivent être dramatiques …. D’ailleurs, un accident de la route survient et nous sommes bloqués dans un énorme bouchon au-devant du bus des français. Michel vient nous proposer de suivre le bus et d’aller emprunter une piste pour Nairobi. Et là un ennui mécanique vient contrecarrer tous nos plans. Sam plonge sous le camion et trouve une vis cassée. Nous devons réparer ! Le bus des français s’arrêtent et s’inquiètent de nous. Finalement, c’est avec Bruno et Michel que Sam va gérer la panne pendant que je monte dans le bus pour Nairobi avec les garçons. Arrivés en ville en fin de journée, Laurent souhaite nous accueillir pour la nuit mais ils n’ont pas beaucoup de place chez eux. Finalement, nous allons chez Boulos et Zeina, et leurs enfants Rawane, Elisa, Yara et Jorge. Sam, Michel et Bruno reviennent dans la nuit à Nairobi avec le camion. Le lendemain, Boulos et Zeina organise une petite soirée chez eux, l’occasion de fêter dignement les 6 ans de Victor avec un bon gâteau au chocolat, des bougies, des cadeaux. Encore une fois, cette panne nous aura permis de vivre de merveilleux moments de rencontres et de convivialité. Et l’occasion pour Victor de fêter joyeusement son anniversaire.

Nous reprenons la route quelques jours plus tard plein nord, pour rejoindre la frontière éthiopienne. Nous repassons l’Equateur en bonne et due forme, avec démonstration de la force de Coriolis à l’appui ! La route est superbe et très roulante, goudronnée. Nous croisons les populations de différentes tribus, les Samburu, les Meru, les Borana, quelques animaux comme les gazelles à long cou, les babouins et beaucoup de dromadaires. Le Kenya est un grand pays, avec beaucoup de diversité ; où les disparités sont énormes, le nord désertique très aride étant vraiment très pauvre.

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