Tanzanie du sud, entre lacs et montagnes

En Zambie, nous avions passé de bons moments avec les locaux, ici c’est pareil bien qu’ils ne parlent pas beaucoup anglais. Et oui, c’est le swahili qui sert aux différentes ethnies à communiquer. C’est donc une immersion en terre africaine encore plus importante que nous effectuons en Tanzanie, pays agraire. De beaux champs de patates, de choux, de carottes, de thé , de bananes .. Pour la première fois du voyage, les fruits et légumes sont vraiment peu chers, à nous les smoothies ananas avocat banane avec un peu de jus de mangues, les petits pois carottes, les kilos de tomates, les morceaux de canne à sucre fraîche à grignoter …. C’est sympa !! Par contre il n’y a aucun supermarché. C’est aussi la première fois que l’on trouve des endroits pour manger pas chers et bons. Le mauvais côté, depuis le Zimbabwe d’ailleurs, c’est les contrôles de police, fréquents, et les policiers plus ou moins corrompus. Plutôt moins que plus mais quand même ils tentent, sans succès jusqu’à présent. Ici, tous les sites touristiques sont 10 fois plus chers pour les touristes que pour les locaux ; mais tout, ou presque, est négociable. Le pire de tout, c’est les 250 km de route … Enfin justement de pas de route !!! Ce sont les chinois qui s’occupent des routes ici ( évidement c’est pas l’Etat qui va s’en occuper !) et ils font pas dans la demi- mesure … En fait carrément, ils virent la route et les véhicules, les poids lourds etc. se payent une pauvre piste défoncée où l’on avance avec peine à 30km/h !!! Le trajet jusqu’à Dar es Salam s’est donc fait par étape !

Nous nous sommes d’abord arrêté pour faire une balade au Ngosi Crater Lake, un lac dans un ancien cratère de volcan. En arrivant au portail, nous sommes tombés sur un groupe de jeunes femmes et nous leur avons proposé de les emmener au départ du sentier, puis nous sommes partis tous ensemble faire la rando, très belle, dans la jungle. Elles sont résidentes ici et travaillent pour une ONG italienne (lien sur notre page facebook). Ce sont des séjours d’un an dans des centres para- médicaux. Elles s’occupent d’enfants handicapés et d’éducation à la santé auprès des familles. Les cours de swahili, indispensable pour travailler ici, leur sont dispensés du coup, elles parlent couramment. Avec leur accent italien, c’est assez drôle de les voir parler swahili comme elles parleraient italien ! On ne ferait presque pas de différence !!! Bref, une belle rencontre que voici.

Le lendemain, nous filons nous baigner à Matema beach sur le lac Nyasa (ou lac Malawi) en nous posant dans un camping très sympa, le Blue Canoé Safari tenu par un couple tanzano- allemand, très sympas.

Nous allons aussi nous promener dans les Monts Livingstone surplombant le lac jusqu’à une chute d’eau. Le chemin est plutôt retord, les derniers mètres, nous avons dû les faire chacun  notre tour sans les enfants.

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Au départ du chemin, nous n’avons rien vu d’indiqué. Et au retour, un groupe de gars du village nous tombe dessus en nous reprochant le fait de ne pas avoir pris de guide ni payer d’entrée. Les seuls à parler anglais dans les environs, c’est pour nous taxer du fric !!! Nous ne nous sommes pas laissés faire, ils nous ont carrément bloqué le passage avec des pierres. Alors nous avons pris le temps (vite fait) de prendre un petit repas de midi, puis nous avons repris les discussions, qui s’envenimaient.  Chacun voulant avoir le dessus, question d’orgueil. Nous avons fini par leur dire qu’ils devraient avoir honte d’un tel comportement, en leur proposant même de payer un droit d’entrée, le même que nous avions acquitté au Ngosi Crater Lake. Et ces andouilles, ils ont préféré ne rien recevoir plutôt que d’accepter notre proposition, ce qui à leurs yeux leur auraient fait perdre la face. Rien de très joyeux donc ! Nous avons quitté ce groupe de fadas vite fait bien fait et avons repris la piste en direction de Mbeya (merci le 4×4 pour contourner les obstacles…), dans le but d’aller faire un coucou aux italiennes le lendemain. Deux d’entre elles  nous ont emmené sur leur lieu de travail, nous présentant les enfants et les parents etc..

Ensuite, nous sommes allés manger ensemble dans un petit restaurant de Mbeya le fameux chipsmahay, plat typique tanzanien, qui ressemble en fait à une tortilla ; ou du riz, des légumes et des haricots blancs.

Après un  tour au marché, elles sont retournées travailler et nous avons repris la route , la fameuse route en travaux interminable …. Nous nous sommes posés en bord de champ en début de soirée (il fait nuit vers 19h30)  et y avons passé la nuit. Le matin, nous étions dans le camion lorsque l’on a entendu de l’animation autour du camion et avons passé la tête pour saluer. Les personnes nous ont invités chez elles, dans la maison jusqu’à côté. Nous avons pu parler un peu anglais car le grand père de la famille était le pasteur de la paroisse (et donc a pu apprendre l’anglais à l’école secondaire). Une habitation typique, charmante, et une famille très agréable !! nous y avons passé un super moment, mangé des crêpes (au beurre alors que l’on en trouve jamais ici), bu du thé au gingembre délicieux. Leur petit-fils de un an a fait l’animation avec ses numéros de charme, et du charme il n’en manquait pas !

De là, nous avons emmené un garçon du village en stop jusqu’à la prochaine ville et avons continué pour nous poser pas trop tard dans un camping chez Saidi près d’un site naturel sympa, Isimila Stone Age site.

Une balade au milieu des Demoiselles Coiffées, dans un ancien lit de rivière, site sur lequel de nombreux restes de l’Homo Erectus ont été retrouvés. Les propriétaires du camping là encore très sympa, un couple là aussi germano-tanzanien. Pause très sympa pour une halte sur notre route vers Dar es Salam et les plages de l’Océan Indien !

On s’en souviendra de la Zambie !!!

Entrée fracassante par le pont de Victoria Falls, un pont construit au début du 20 ème siècle par Cecil Rhodes, gouverneur du Cap, qui souhaitait relier le Caire au Cap par le train. Ce projet colossal n’a pas abouti, mais le pont reste une belle œuvre de génie civil. Nous étions contents de le traverser en camion. Il n’a pas fallu trop trainer dessus à cause du poids !!! Nous avons passé la douane et ensuite profité de la journée à admirer les chutes du Zambèze côté Zam cette fois.

C’est ensuite que les choses se sont corsées ! Nous étions sur la route pour Lusaka, où nous avions prévu d’y passer quelques jours et d’y revoir les Nomads Road, avec qui nous avions débuté le voyage en janvier. Le sort en a décidé autrement ! A Mazabuka, nous avons eu la fourche d’embrayage qui a lâché ( et le roulement) et nous nous sommes retrouvés posés au bord de la route dans l’après-midi, à 120 km de la capitale. Dans notre malheur, nous n’étions pas isolés mais juste devant un poste de police.

Franchement, nous aurions pu tombes pire, les zambiens sont supers. Le policier nous a tout de suite appelé un mécanicien. Il a passé 5 jours à travailler sur le camion et nous espérions qu’il puisse régler le problème, a priori pas bien grave. Mais non ! Nous avons donc appelé nos « voisins » à la rescousse, avec qui nous étions en contact toute la semaine, une grande ferme, à 6 km de là. Et nous avons atterri, tiré par un tracteur, dans leur atelier, le jour de mon anniversaire ! L’atelier étant bruyant, il nous ont même fait dormir dans une maison de la propriété, dans des vrais lits, etc… Tout le monde était aux petits soins avec nous, Candice nous emmenant faire des courses, nous donnant même des repas préparés elle-même comme à la maison !!! Kapinga est une ferme immense, spécialisée dans la canne à sucre, le transport des cannes et le milling.

Nous avons passé le week-end à la ferme chez Johnny et Sandra. Johnny vient de l’île Maurice. Sandra est zambienne et nous a présenté sa famille et amis. Nous avons passé du temps chez Johnny, à manger ses bons petits plats mauriciens, boire du rosé. J’ai soufflé une bougie avec eux, goûter aux cupcakes de JP. Sandra m’a même donné du tissu africain. Elle m’a aussi fait goûter le Chibuku (boisson fermentée de maïs), un peu plus je repartais avec les tresses en pagne !  Les enfants ont aussi adoré pêcher au lac et manger les poissons.

Cependant après 4 jours, le problème n’était pas complètement résolu; les mécaniciens n’étaient pas très accoutumés à ce système (ils sont très spécialisés sur leurs machines). Nous avions trouvé un garage à Lusaka sur Ioverlander, et ils nous ont remorqué jusque-là n’ayant pas d’autres solutions pour nous (tout ça gratuitement).

Arrivés a Lusaka le jeudi en fin de journée, nous avons la visite des Nomads Roads au garage le lendemain. 6 mois que nous nous étions laissés en Afrique du Sud. Nos 6 premiers mois de voyage. Une bonne lancée. Nous voilà à Lusaka pour encore une semaine… Nous nous mettons à la recherche d’un taxi histoire de partir faire un tour, à pied au bord de la route. Une voiture s’arrête et nous prend en stop. Discussion de 5 minutes, en français et voilà qu’il nous propose de nous héberger, nous emmène chez lui, nous file ses clés !! Enorme ! Encore une belle rencontre. Fadi est un jeune libanais, photographe, qui a monté sa boîte de production à Lusaka. Intrépide, dynamique et créatif de talent, il fait des spots de pub pour la télévision avec son équipe. Nous avons visité ses studios. Génial !! Il nous a donc hébergé et fait gouter pleins de petits plats libanais. J’ai aussi rencontré Ruth, docteur en médecine indienne et professeur de Yoga kundalini, un super moment et un massage pour mon anniversaire.

Nous avons aussi rendu plusieurs visites aux Nomads Road, hébergés dans une grande ferme, chez Maggy, au milieu des antilopes, des buffles et des zèbres. Il y a aussi des lions, dont un couple de lions blancs, nés en captivité, que l’on entend rugir tous les soirs. Un dimanche, nous avons participé à une après-midi brai avec eux et la famille de Maggy, avec tour en barque sur le plan d’eau et piscine.

Bref, cette panne nous a permis d’appréhender une nouvelle facette des voyages, l’accueil de la population. Elle nous a aussi permis de nous poser, d’avoir un peu plus de confort et de réfléchir à notre itinéraire et surtout à notre timing. Il va falloir rouler un peu !! Heureusement, fini les pistes qui tapent et qui déboulonnent tout, place au bitume (pas toujours lisse) !!

Petit arrêt à la ferme aux crocodiles ( Kalimba reptile park), avant de prendre la route plein nord vers la Tanzanie, avec un arrêt aux sources d’eau chaudes de Kapishya.

Zim ou Zam ?

Après pas mal de tergiversions et un nouveau lot de stickers pour le camion, nous filons tous les 6 au Zimbabwé. Le passage de frontière non loin de Kasane, se passe en 1h 30, visa de 50 USD pour un mois Zambie / Zimbabwé. Les bivouacs dans la brousse continuent envers et contre tous, il est beaucoup plus difficile de se poser ici …. Nous arrivons à nous caler dans un bout de forêt lorsque nous voyons arriver une voiture nous incitant fortement à partir, étant donné que nous sommes dans ou non loin d’une concession soi-disant privée. Hésitations … Il n’est que 16h30 …. Essayons de trouver ailleurs … Le prix des campings et autres lodges sont largement dissuasifs ! Malheureusement, en faisant marche arrière pour retrouver la piste, une énorme souche se plante dans notre pneu arrière gauche … C’est la grosse grosse tuile, le pneu est explosé. Après 4 crevaisons en Namibie, ça faisait longtemps que nous n’avions pas eu de gros soucis …. Là, le pneu posé quasiment à côté de la jante, dans le sable, obligés de creuser pour arriver à planter le cric, bref deux heures de boulot à 3 (Sam, Dany et Hervé). Nous finissons à la nuit tombée, nous n’ avons pas vu un seul ranger ; du coup nous dormons sur place dans cette belle forêt, très peuplée vu les bruits nocturnes ! Réveil tôt le lendemain, nous partons petit déjeuner plus loin après avoir croisé des girafes.

Arrivée à Victoria Falls, recherche de nouveaux pneus et renseignements sur les parcs. Aucune info fiable ….

Nous profitons d’une belle journée aux Chutes (Mosi Oa Tunya) côté Zim. Les cataractes sont énormes, une véritable pluie s’abat sur nous. Le nuage de pluie reste d’ailleurs visible dans le ciel 40 km à la ronde. Le Zambèze est un très beau fleuve et sa chute à cet endroit unique au monde est extraordinaire. 1,7 km de large et une centaine de m de hauteur, le Zambèze a creusé dans le basalte de nombreuses gorges en zig- zag, et au milieu la montagne s’est écroulé formant ces 8ème chutes. Dans 10 000 ans , une 9ème chute sera créée d’après les spécialistes.

Nous partons ensuite pour le parc national de Hwangé, le long de la frontière avec le Botswana. La route qui y mène est très bien goudronnée et entretenue, les villages de cases sont très jolis. Les barrages de police, réputés pour être nombreux et difficiles, se passent bien. Nous avions fait le nécessaire !! Par contre ici l’essence est encore plus chère qu’en France, nous en prendrons en Zambie ! Le cout de la vie est élevé surtout pour les activités touristiques très chères que l’on payent en USD . Je ne sais pas comment font les gens, dans ce pays qui vit en crise depuis une dizaine d’année.

Nous arrivons à trouver un bivouac non loin de la route mais discret, car les nombreux lodges des alentours n’apprécient pas que l’on ne fasse pas appel à leur service. Nous passons deux belles journées dans ce parc sauvage, avec une nuit au camping. Ici, les forêts sont magnifiques et les pans offrent des espaces ouverts appréciables pour observer les animaux. Malheureusement, ceux-ci sont beaucoup moins nombreux que dans les autres parcs visités jusqu’à présent.

Réputé pour ses éléphants, nous avons passé notre seconde journée sans en voir un seul… C’est « normal », vu le braconnage intensif que subit la faune ici ….. La brigade anti -braconnage a de quoi faire : gardes postés, rondes en voiture mais aussi dans les airs, en avion, avec des drônes, etc…. C’est une lutte armée qui se déroule ici, les gardes ont ordre de tirer à vue sur les braconniers ….. Même si les braconniers ne sont pas très nombreux , de nombreuses personnes dans les villages achètent leur viande et se retrouvent largement complices de ce commerce illégal. Mais ce sont les éléphants pour l’ivoire et les rhinos (quasi disparus du parc) pour la corne, les plus exposés … Ainsi que les lycaons, en voie d’extinction partout en Afrique, chassés pour leur peau et victimes des pièges posés dans les forêts alentours … Et comme de nombreux animaux, victimes aussi de collisions avec les automobilistes .. Bref, nous commençons à désespérer au terme du premier jour, mais dès le réveil le lendemain nous croisons une lionne, puis finissons la journée sur des images incroyables et inespérées : 12 lions (4 lionnes, 8 lionceaux) posés au bord de la piste, près d’un point d’eau !!  Nous avons pu aisément les voir et ils se sont même déplacés le long de la route, avec les lionceaux jouant sur le tronc d’un arbre au coucher du soleil … Image de carte postale pour notre dernière soirée avec nos co- voyageurs.

Nous nous séparons le cœur gros le lendemain, après la visite d’un centre de soin de lycaons , au terme de 3 mois de voyage dans des pays magnifiques !!! Ce sont des expériences qui tissent des liens !

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Nous aurons passé une dizaine de jours dans ce beau pays, dont rien que le nom nous faisait rêver. Maintenant direction la Zambie, une autre Afrique, plus peuplée, la suite du voyage dans sa diversité !