Le Northland

En Nouvelle- Zélande on peut résumer en disant que l’île du Sud est plutôt axée montagne et tramping, et l’île du nord plages, surf et voiliers. Nous avons donc passé du temps à visiter des plages magnifiques, tranquilles, et où la mer est chaude !!! Notre premier arrêt s’est fait à Mangawhai, nous sommes partis de la grande plage de surf pour aller balader sur le sentier côtier (Mangawhai Cliff walk) qui surplombe la superbe plage de Langs beach. Cela nous a bien occupé (3h) par cette belle après-midi.

Nous avons ensuite trouvé un camping gratuit en bord de mer relativement bondé !!!! Hallucinant le nombre de véhicules sur ce petit parking !!! La NZ est de plus en plus fréquentée par les touristes européens, asiatiques ( du coup les prix explosent et les habitants doivent commencer à en avoir marre parfois ….)

Nous avons pique niqué sur la route à Whangarei, où nous avons admiré des chutes d’eau hautes de 26 m, havre de verdure en ville.

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Nous avons été voir les Mermaid pools sur la plage de Matapouri (Tutukaka Coast), cela nous a fait penser à la Venus Pool sur la péninsule du Cap en Afrique du Sud. Super balade et plages avant hyper jolies.

A Matauri bay, nous avons tenté de voir les dauphins (au moins un présent la veille) mais là rien … Belle plage quand même et mémorial du Rainbow Warrior, le bateau de Greenpeace (qui dénonçait les essais nucléaires français dans le Pacifique en 1985 ) coulé par les services secrets français, dont l’épave gît non loin par 22 m de fond et constitue maintenant un sanctuaire marin.

Nous avons ensuite campé à Waitangi, non loin du Waitangi Treaty House. C’est un site historique de première importance en NZ.  Ici, les tribus maories du nord ont signé un traité cédant la souveraineté de leurs territoires à la Couronne britannique le 6 février 1840, marquant la naissance de la nation (pour beaucoup de néozélandais). La visite coûtant un bras, nous nous sommes abstenus ! Nous sommes plutôt allés à Matai bay, superbe plage où nous avons croisé une kiwi et son mari français vivants à Paris.

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Les Rainbow falls nous ont largement déçus, heureusement c’était juste un petit stop sur notre route.. La baignade ne nous a pas tenté !!

Montée vers le Cape Reinga, à l’extrême nord,  où s’affrontent les eaux du Pacifique et de la mer de Tasman. Un lieu sacré pour les Maoris ; selon eux, d’ici s’envolent les âmes des morts pour rejoindre Hawaiki, leur terre d’origine (mythologique). Il y a beaucoup de panneaux explicatifs très intéressants qui détaillent les mythes et l’histoire du lieu. C’est aussi en même temps que deux bateaux européens, celui de Surville (français) et celui de Cook (anglais) se sont croisés sans se voir en voie pour la découverte puis la colonisation des ces îles il y a 200 ans.

Tout en bas de la pointe, ce trouve un vieil arbre tordu qui aurait au moins 800 ans. Maintenant, nous redescendons par la côte ouest, et cela commence avec l’immense plage de Ninety mile beach ( qui fait 90 km et non pas 90 miles) et  surtout les Te Paki giants dunes, où l’on s’est amusés à faire du sandboard comme en Namibie. Une matinée superbe. Il est possible de circuler sur la plage mais avec un 4×4.

Nous avons dormi à Travellers hut, après avoir fait une bonne partie de frisbee et de baignade à la plage. Superbe route et belle vue du camping. Il y avait un perroquet domestiqué.

Le lendemain, arrêt pour voir les Koutu boulders, l’occasion de profiter du soleil, semblables a ceux de Moeraki boulders dans l’île du Sud.

Et après Opononi, célèbre pour le dauphin très amical qui a fréquenté la plage dans les années 50, balade sur la péninsule de Arai Te Uru à Signal Station. Vue sur la mer de Tasman.

Vient ensuite la Kauri Coast. A l’arrivée des outils de fer, les habitants du Northland se lancent dans l’abattage au début à la scie et à la hache puis inventent avec une grande ingéniosité des machines énormes pour couper les kauris (espèces de conifères dont le tronc a une forme parfaite et le bois est d’excellente qualité). Ce commerce est alors florissant (19 ème siècle). Après avoir décimé les géants de la forêt (des arbres plusieurs fois millénaires), ils cherchent fortune dans le sol. Les forêts ayant prospéré pendant des millions d’années, on trouve ensevelies des tonnes de la précieuse résine fossilisée, l’ambre de NZ. L’ère du gumdigging commence en 1870 et prend fin 1920. Mais l’exploitation des kauris se poursuit jusque dans les années 1970 et même 1980… Nous avons appris tout ça et des tas de choses au Kauri Museum à Matahoke.

Nous avions déjà vu un beau kauri millénaire près de Thames à Square Kauri Tree mais là nous rendons visite au dieu de la forêt !!! Situé dans la Waipoua forest (forêt des pluies nocturnes), dernier reste de forêt primaire, qui abrite les deux tiers des kauris d’âge adulte encore sur pied dans le Northland  après que 96% d’entre eux aient été abattus au siècle dernier. Ce n’est qu’en 1956 qu’une protection de l’espèce est votée après plus d’un siècle d’abattage pour le bois et le défrichage pour les terres agricoles.  Les 18 km de route qui la traverse sont déjà magique. C’est un sanctuaire depuis 1952 de 9000 ha où près de 300 espèces végétales vivent.

Tane Mahuta, dieu de la forêt, est donc le plus grand kauri vivant au monde (on trouve des kauris en Australie, Nouvelle Guinée, Malaisie, Fidji et Nouvelle Calédonie). Il fait 51 m de haut et 13,77 m de circonférence il aurait près de 2000 ans (estimation).

Te Matua Ngahere, le père de la forêt, est moins grand mais bien plus âgé ( 3000 ans ??) En tous cas, un des arbres les plus vieux du monde après les séquoias de la côte ouest des Etats- Unis (30 m de haut et 16, 41 m de circonférence). Des centaines de plantes épiphytes vivent au sommet de l’arbre.

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En fait, il y a beaucoup de grands kauris millénaires dans cette forêt qui est un vrai bijou. Non loin, se trouve un camping du DOC, le Trounson Kauri Park. Un sentier parcourt cette réserve et offre 70% de chance de voir des kiwis !! Nous irons de nuit, l’occasion d’une chouette balade nocturne, pour essayer de les voir … Nous ressortons bredouilles en croisant un gars. Nous lui expliquons que nous les avons entendu assez proche du camping … Le lendemain, il nous annonce qu’il en a vu 2 juste après nous avoir croisé !!! Tant mieux si nous lui avons porté chance !! Un néozélandais voyageur très sympa. Les autres français du camp n’ont pas eu plus de chance que nous… Nous avons encore profité de la forêt le lendemain matin.

L’immense plage de Ribero beach (100km de long non stop) nous a permis de rouler sur la plage, même avec la Mazda. C’était superbe et très rigolo. Nous nous y sommes rentrés et sortis à Baylys beach, une petite station balnéaire mignonne et très locale. Superbes maisons à Dargaville, la ville la plus proche.

Puis le soleil nous quitte et c’est sous la pluie que nous finissons la côte ouest à Muriwai, pour voir la colonie de fous australs.

Puis le soleil revient. Direction Piha, où nous partons en balade à Mercer bay.

Visite de la chute d’eau et nous descendons à l’immense plage de sable noir de Karekare, où a été tourné la première scène de la leçon de piano, où le vent souffle très fort !!!

Petit camping du coucil où nous retrouvons Stéphanie et sa maman Nicole, deux françaises que l’on rencontre depuis plusieurs jours au camping.

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Et à présent, nous devons retourner sur Auckland, gérer la fin de séjour avec la revente de notre chère MAZDA qui aura très bien fait le job !!!

De Waitomo à Coromandel

A vrai dire, la pluie nous a un peu chassé de la région de Rotorua, en plus toutes les attractions sont assez chères. Direction la région des Waitomo Caves, un immense réseau souterrain calcaire, un des plus beaux sites de spéléologie de NZ. La région est superbe. Nous commençons par une balade à Marokopa Falls lors d’une accalmie qui nous permet de pique-niquer sur le parking. Nous continuons jusqu’à la mer mais la pluie est battante, il est presque impossible de sortir de la voiture à cause du vent !! Au camping, nous avons une grande salle cuisine, salle à manger , salon où nous pouvons charger l’ordi et faire le blog ( Nous avons eu des nuits bien humides dans la tente à ce moment là).

Notre excursion dans les grottes a lieu le lendemain matin, avec Spellbound. Nous y passons la matinée. Nous admirons sur un raft le plafond constellé de milliers de vers luisants, une visite très originale. C’est fou comme d’un grand trou noir et humide, remplies de bêtes gluantes, la nature crée un spectacle totalement poétique et féérique ! Les photos sont interdites pour ne pas troubler la quiétude et la magie du moment mais le tour opérator nous en a fourni.

Les vers luisants sont très présents dans les cavités néo -zélandaises et même en forêt. Ce ne sont pas des vers mais les larves d’un moucheron ressemblant au moustique . La bioluminescence créée par une réaction chimique au bout de l’abdomen a un rôle nutritif pour attirer les proies. Nous sommes ensuite allés camper du côté de Castle Rock, un site d’escalade. Nous étions deux véhicules, avec un couple d’américains venus grimper. Le temps pluvieux les a un peu refroidit …. Mais nous avons tout de même eu une belle journée où l’on a même pu profiter de la piscine du camping / école. En effet, c’est une petite partie de l’école qui est ouvert aux campeurs. Sam, décidé à se débarrasser des enfants ne serait-ce qu’une matinée (je rigole) demande à la directrice si les enfants peuvent se joindre à la classe le lendemain matin. Ils y ont reçu un superbe accueil et la maîtresse a décidé de faire musique. Les 20 (2) élèves ont fabriqué eux même leur instrument et chanté avec les gestes façon maorie.

A un pique-nique sur la plage, nous sommes retombés sur la famille de Nouméa avec qui nous avions un peu baladé au Tongariro complètement par hasard !!! Nous étions très contents de les revoir, ils sont hyper sympas !

Nous poursuivons notre route pour aller au Coromandel, la presqu’île paradisiaque de l’île du Nord. En effet, on a adoré. Nous avons commencé par Hot Water Beach, une superbe plage volcanique où l’on creuse un trou dans le sable pour se prélasser comme dans un bain. Attention quand même aux brûlures, avec l’eau qui peut être à 100 degrés (mélanger avec l’eau de mer pour la tiédir) ou avec le soleil. La baignade est surveillée, nous étions trop contents de jouer avec le body- board dans les rouleaux. Nous dormons au « camping » de Dany, qui a un vignoble. Nous avons dégusté sa production d’alcool, mangé ses délicieuses pizzas. Il nous a également tout expliqué sur le feijoa, fruit brésilien plus populaire en NZ que le kiwi (le fruit) dont la culture est pourtant très répandue (pour l’exportation).

Un spectacle pas des plus réjouissant s’offre également à nous: après avoir appris que dans certains nouveaux quartiers de Nelson, les gens n’ont pas le droit de faire des potagers à même le sol car la terre est trop polluée lorsque c’étaient des vergers ( Au moins la mairie informe les gens au lieu de tout cacher comme en France), nous constatons avec tristesse que nous sommes ici au pays de M Monsanto, leader mondial des produits phytosanitaires (pesticides, désherbants, engrais), de l’OGM …. Et oui M Monsanto nourrit la terre et ses habitants ! Que ferions nous sans lui ! Merci Monsieur ! On avait des doutes sur la qualité de l’eau vantée si pure en NZ mais là on est rassuré !! En plus de contaminer les fruits et les légumes, l’air , tout ceci touche évidemment les nappes phréatiques ! Enfin, comme partout dans le monde. La banalité ….

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Notre prochaine étape est Whitianga, chez Jocelyne, qui est française, et Arnold qui est anglais. Nous les avons rencontrés à Christchurch et nous avons parlé d’Afrique avec Jocelyne qui y a beaucoup travaillé, notamment au Ghana et en Ethiopie alors qu’elle était en poste à l’ONU. Elle a une fille éthiopienne, que ses parents lui ont confié là bas. Ils nous ont très gentiment invités à passer les voir chez eux. Cela fait 30 ans qu’ils restaurent et entretiennent leur petit coin de paradis. Nous les avons vraiment apprécié, Jocelyne et sa joie de vivre, Arnold et son style british très drôle. Leur maison étant inaccessible par la route, Arnold est venu nous chercher en barge sur une rive de l’estuaire et nous a emmené chez eux.

Ils nous ont emmené balader dans la nouvelle marina, qui à leur grand désespoir, a été creusée entièrement par l’homme et est composée de yachts, et de résidences secondaires pour nouveaux riches ….. La marina et son canal d’accès a complètement perturbé l’écosystème en modifiant le niveau et le débit d’eau de l’estuaire rendant sa traversée à sec impossible…. Cela les oblige à tout faire en barge, ils n’ont plus d’accès à pied. Arnold, ex prof de kayak, a initié les enfants, et nous a emmené dans la mangrove, Jocelyne nous a préparé de bons petits plats, bref, nous étions reçus comme des rois.

Et Christophe a débarqué avec son catamaran Téou, construit par lui-même. Passionné de voile, il vit dans son bateau depuis 25 ans, il a fait 2 fois le tour du monde avec sa famille. Bref, rien qu’à ses yeux on a envie de le suivre sur toutes les mers du monde. Basé en Nouvelle Calédonie, il nous a invité à naviguer dans les îles du Pacifique. Proposition très alléchante !

Un peu inquiets sur la météo des prochains jours, en bons touristes, nous allons voir Cathedral Cove, en espérant que maintenant le soleil ne nous lâche plus !!! L’eau est super bonne, il y a des rouleaux , on s’amuse bien, ici à New Chum beach où l’on retrouve deux français du camping de la veille très sympas !

Nous montons ensuite camper tout au Nord à Fletcher Bay. Encore un pur coin de paradis, qui se mérite quand même car je ne conduis pas souvent et c’est moi qui me suis payée la piste au ras du ravin pour y accéder !!! Nous y profitons du bon soleil, de la plage où l’on admire les fous australs plonger et remonter avec un poisson, et balade sur le sentier côtier dans le bush de fougères arborescentes, de palmiers Nikau, de manukas, de cabbage trees (arbres aloé), de flax et de pohutukawas (espèces typiques de Nouvelle -Zélande, en vrac !).

Le Coromandel c’est pas de la blague !! Le relief, les plages, les forêts, ce lieu a tout pour plaire.

Pour finir, petit arrêt à Coromandel town pour voir une ancienne usine d’extraction de l’or dans les filons de quartz, activité des premiers colons sur la péninsule et à Waiau falls, encore une chute d’eau paradisiaque.

 

Rotorua, la sulfureuse

L’île essuie en ce moment des périodes de tempête. Des anciens cyclones du Pacifique sud arrivent en NZ en fin de course, et parfois cela cause des sérieux dégâts comme la dernière tempête. Nous ne sommes pas très accoutumés à ce genre d’aléas météo, pas évident à gérer quand on dort sous une minuscule tente et que l’on a pas d’abri pour préparer à manger !!!

Heureusement le choix de camping est vaste et nous trouvons à nous y abriter. En plus, il ne fait pas froid du tout donc dès qu’il y a un rayon de soleil, tout sèche très vite. Mais quand même, nous sommes partis pour une semaine à nous faire doucher … !

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Toute la région est complètement folle. Le moindre ruisseau est chaud et des fumerolles s’élèvent de partout dans les forêts. Les mares sont des bains de boue bouillonnants à plusieurs centaines de degrés !!! Bref nous nous régalons de ces phénomènes naturels comme les maoris 800 ans plus tôt. Ils se servaient des ces manifestations brûlantes et sulfureuses pour cuisiner, se chauffer ou se laver. C’est devenu le pôle touristique phare de la Nouvelle-Zélande et les activités y sont innombrables. Nous profitons d’une après-midi de « beau » temps pour aller faire le parc géothermal de Wai O Tapu, ( parc aux Merveilles 😉 , mondialement connu pour la « Champagne pool » (piscine de champagne), les terrasses de silice blanches et les lacs acides fluorescents.

Dans toute la région, on sent dans l’air l’odeur d’œuf pourri du souffre : le souffle des volcans …. Nous finissons la journée par une baignade dans le ruisseau d’eau chaude de Kerosene Creek.

La pluie nous poursuit, nous ne nous attarderons pas…. Mais quand même, c’est sous des trombes d’eau que nous retournons encore à un autre parc géothermal pour la journée du lendemain, Te Puia. On peut y visiter le centre national d’artisanat maori, une école pour tous les jeunes qui souhaitent perpétuer des savoirs faire ancestraux et que l’on peut regarder travailler, ce qui a ravi les enfants : sculpteurs de bois, de jade, d’os, tressage du flax (un peu la même matière végétale que le sisal ) pour faire des paniers, des cordelettes, des habits, des nattes etc…. Nous assistons aussi à un spectacle de danse traditionnelle maorie, dans le marae, immanquable !! Chants, danses et haka au programme. Puis nous baladons sur les sentiers voir les bains bouillonnants et autres geysers, comme le Pohutu Geyser, pouvant atteindre 25 à 30 m de haut ; tout ça dans une brume rendant l’atmosphère irréelle. Il y a un mariage ce jour là dans le parc, mariage pluvieux, mariage heureux !

Le lendemain matin, toujours sous la pluie, nous avons fait une courte marche pour voir les Huka Falls et l’après- midi le temps s’est amélioré. L’occasion d’aller se baigner à Taupo au Spa thermal park, dans une rivière d’eau chaude gratuite mais très fréquentée !!! Ce n’est pas que l’on est des sauvages mais en NZ, il y a du monde vraiment partout, d’ailleurs bien plus dans l’île du Nord que dans l’île du Sud. On nous avait prévenu ! 4 millions d’habitants mais des tas de touristes en van, surtout des jeunes en vacances travail et des calédoniens en vacances !!! Nous n’aurions pas tenu un an comme ça, heureusement qu’on a fait l’Afrique avant, où l’on était quasi seuls !!!! Même si c’est agréable de passer des soirées à discuter avec des gens très sympas, on est souvent les uns sur les autres dans les campings…. En plus, niveau confort, on a connu mieux ! La qualité du sommeil n’a rien à voir avec celle que l’on avait dans le camion ….. Il faut parfois savoir faire des sacrifices !