Les montagnes du Damaraland

 

Après un aller-retour à Cape cross sur la Skeleton coast, pour voir une immense colonie d’otaries à fourrure (100 000 individus environ) , bruyante et puante mais si à l’aise pour jouer dans les énormes rouleaux déferlants (!!), nous avons pu également voir des immenses champs de lichens, puis nous avons bivouaqué sur le bord de mer à Henties Bay, une ville construite sur du sable.

Après un  arrêt poissonnerie, nous roulons vers le Spitzkoppe, à l’intérieur des terres. Le massif du Spitzkoppe (1728 m), avec ses superbes « pondoks » ou boules de granit ocre forme un ensemble caractéristique dans le paysage. Le camping est autorisé dans les emplacements dédiés réduits, au simple minimum (un brai et des toilettes). Nous avons pu prendre une douche aux sanitaires vers la réception. Les écosystèmes de Namibie sont très différents d’une région à l’autre.

Puis Dany et Hervé nous ont rejoint après leur arrêt au garage pour aller dans le massif Erongo et le Brandberg, où l’on peut visiter des grottes ornées de peintures rupestres. La Philips Cave, belle arche entourée de familles de babouins, a été l’occasion de faire une belle rando dans les Monts Erongo.

Après un stop à Uis, petite bourgade à côté d’une ancienne mine, où nous avons croisé des Himbas faisant les courses au supermarché ( !), nous sommes allés bivouaquer près du lit d’une rivière où il y a régulièrement des éléphants. Cette fois, nous n’avons vu que des hommes dans une charrette tirée par des ânes ! Le lendemain, nous sommes retournés voir des peintures rupestres dont la célèbre œuvre de la White lady, (personnage / chasseur / homme medecine ?) Et le wondergat, un trou dans le sol assez profond puis Dany nous a trouvé encore un magnifique bivouac au milieu des montagnes de boules rouges.

Ces massifs se sont formés lors de périodes d’activité volcanique il y a quelques 150 millions d’années. Ils furent occupés depuis la préhistoire par les San, connus pour être les habitants les plus anciens de l’Afrique Australe. La Namibie offre des paysages surprenants et variés, presque tous les 100 km ce sont de nouvelles images qui s’offrent à nous, de nouvelles couleurs …

Nous avons aussi fait un stop pour voir la forêt pétrifiée, des troncs de conifères de plusieurs milions d années charries par les eaux jusque-là. La visite fut courte !

Walvis Bay et Swakopmund

La route entre Sesriem et Walvis bay était magnifique et bien roulante.

Walvis Bay, la britannique, et Swakopmund, l’allemande, sont des villes baignées par les eaux glaciales de l’océan atlantique et par la brume marine qui se répand loin dans les terres pour humidifier les plantes assoiffées du désert. Plus au nord, débute la  célèbre « côte des Squelettes », dangereuse et inhospitalière, où les marins qui réchappaient d’un naufrage erraient dans ce désert aride et isolé… et pourtant ce désert a été peuplé depuis des temps immémoriaux !!

D’ abord par des otaries à fourrures et des manchots, mais également par les hommes, les San, ethnie qui est toujours présente en Afrique australe, et qui ont laissé de nombreuses peintures rupestres.

Les marais salants de Walvis bay et ses colonies de flamants roses dans le brouillard sont un peu la Camargue locale, avec moins de moustiques.

Les grandes dunes entre les deux villes nous ont permis de tester le quad et le sandboard. Nos deux amis Dany et Hervé, un couple de français en voyage depuis plus de 3 ans, se joint à nous.

Nous avons aussi mangé de la choucroute (einsbein) à Swakopmund. Les enfants ont aussi tenu à visiter la Krystall galerie qui présente toutes les pierres précieuses de Namibie et surtout un morceau de quartz énorme, le plus grand présenté au public. A l’intérieur des terres, un tour dans les plaines à welwitschias nous a beaucoup plu. C’est une espèce de conifère, endémique de la Namibie et emblème national. Nous avons bien sur admiré un spécimen qui vit depuis plus de 1500 ans. Quelle remarquable adaptation !!! Il y avait aussi un camp de soldats sud – africains pendant la première guerre mondiale qui laisse encore des traces. La vallée de la Swakop avec son paysage lunaire est aussi un point fort de cette balade. Sinon, les enfants ne perdent pas la main en Kapla ni en ramassage de pierres précieuses !!

Kalaghadi transfontier park

Nous avons fini par quitter Lüderitz après une dernière soirée à notre QG (le bar sur le front de mer !!) avec le couple d’allemands, voyageurs au long cours, Klaus et Tina, que nous avions croisé au Cap ; Eux aussi ont des problèmes de roues à régler ; et tous les garagistes de Lüderitz ( !!).!! Nous avons remarqué depuis que les gens ont facilement deux voire trois roues de secours pour parcourir les pistes de Namibie !! Chaque village comprend un garage accoutumé à réparer, à remettre des boulons etc. Nous avons donc passé la soirée à regarder Bayern Munich- Real Madrid en mangeant du kingklip, un délicieux poisson péché sur place. Nous ne pouvions d’ailleurs pas partir sans passer à la poissonnerie. Mais pour ce qui est des langoustes, qui est une spécialité de la ville, nous avons pu compter sur Heinz qui, après nous avoir raconté ses séances de pêche miraculeuse, nous en a offert 6 grosses. Un vrai délice !!!!

La route est entièrement goudronnée jusqu’à Keetmanshop, donc nous avons pu tracer avec juste un bivouac à proximité de Goageb . Dany et Hervé nous ont rejoint en ce vendredi saint pour aller ensemble au parc du Khalagadi. Ce parc est situé en Afrique du Sud et s’étend aussi au Botswana, où se trouve l’ensemble du désert du Khalahari proprement dit.

Après deux bivouacs (et une petite crevaison, bizutage pour nos nouveaux compagnons de route qui voyagent depuis 4 ans en land rover defender 130…) ; la recherche des œufs de Pâques et quelques pistes très roulantes, nous avons passé la frontière à Mata-Mata tôt le matin pour passer notre première journée dans le parc. Peu après, nous sommes tombés sur un spectacle complètement magique. Un guépard auprès d’un cadavre de springbok, à l’ombre , tout près de la piste, en train d’appeler ses petits pour qu’ils viennent manger. Nous les avons vu arriver, tout maigres, et à la fin du repas, repus , ventres tout ballonnés, en train de se lécher mutuellement pour la toilette. Assez importunés par les voitures amoncelées sur la piste pour les admirer, nos 5 amis ont vu une petite antilope au loin et ont assez mollement tenté de l’attraper. Cette scène de chasse a été le clou du spectacle. Comme dans les documentaires télé !

Le lendemain, après une nuit à Twee Rivieren, nous avons pu admirer un caracal, superbe lynx africain. Nous sommes aussi tombés sur une famille de chouettes dans un des immenses nids de tisserins. Ces nids peuvent abriter 200 oiseaux et durer près de un siècle !!! le long de la piste, nous avons admiré le village des suricates. Avec les écureuils des sables, ils creusent des galeries à longueur de temps.

De nombreux animaux peuplent ce parc aux dimensions impressionnantes dont les dunes rouges sont recouvertes d’herbes assez hautes, milieu privilégié des troupeaux d’oréotragues (oryx), de springboks et de gnous. Pour pouvoir voir les lions, nous avons tentés de rester un jour de plus. Nous sommes arrivés trop tard pour passer la frontière au camping de Mata-Mata et la dame a accepté (avait-elle le choix ?!) de nous laisser nous installer sur un emplacement libre ( tous les emplacements étaient soi-disant pleins, nous avions pu réserver seulement une nuit à Twee rivieren ). Nous avons décidé de partir tôt à l’ouverture pour aller au point d’eau où les lions ont été aperçus dernièrement. Juste en arrivant, après avoir croisé un troupeau de girafes avec les girafons, la lionne et ses lionceaux étaient encore en vue, c’était fantastique. Nous étions tous les 6 dans le camion pour y prendre le petit – déjeuner.

De retour au camping vers 12h30, j’ai mis à profit le four (grâce à l’électricité sur l’emplacement) pour faire un gratin, un cake aux poires et nous avons ensuite repassé la frontière qui fermait à 16H, repris notre bivouac et mangé pleins de bonnes crêpes. Nous n’avons pas été déçu de notre visite dans ce parc, qui méritait bien de traverser la Namibie dans toute sa largeur pour s’y rendre.

Les dunes rouges de Sossusvlei

Et on enchaîne par une re-traversée du pays vers l’ouest, direction Sesriem Canyon et les dunes du Namib, si célèbres qu’elles figurent sur tous les guides et toutes les brochures sur la Namibie.  Les derniers km de piste sont plutôt médiocres voire carrément défoncés ! Mais je crois que nous commençons à nous accoutumer à tout cela. Tant que les roues ne se décrochent pas !!!! Nous avons perdu en route un boulon du levier de commande de la boîte de vitesse, mais le gros coup de bol c’est que c’était à 300m d’un garage alors que nous avions fait 300km de pistes isolées dans la journée !!! Des orages et donc des lumières superbes ont ponctué les fins de journées sur la route et sur place. Nous avons opté pour le bivouac sur une aire de pique-nique à 4 km de l’entrée. Une journée à visiter le canyon et monter à Elim dune, dans des airs de fin du monde avec l’orage qui nous est tombé dessus à la descente,

puis le lendemain nous avons fait l’ouverture du parc à 6 h du matin pour aller voir les grandes dunes et la mer de sable.  Ambiance nomade du désert ! Nous avons eu un temps parfait. Nous avons été au sommet de Big Daddy, la plus haute, et nous sommes redescendus en courant « dré dans le pentu » jusqu’au marais salé asséché de Deadvlei. Une belle balade que les enfants ont adoré !!!

 

Lüderitz, ville du bout du monde au bord de l’Atlantique

Bingo, deuxième pneu crevé, crevaison lente cette fois !!! Du coup, nous enfilons les kilomètres jusqu’à Lüderitz (330km) où se trouve le prochain garage. Pour ne pas se réveiller avec encore un pneu à plat, nous préférons carrément dormir devant le garage. Nous n’étions pas levés que les mécanos étaient déjà sur le camion !!!

La route pour venir à Lüderitz est juste démente. Après une pause casse-croûte à Aus, et regonflage des pneus (!!), puis un petit stop pour voir les chevaux sauvages du Namib à Garub Pan ;

Nous entamons la longue bande d’asphalte qui ne semble jamais finir, où le vent souffle le sable dessus et nous apercevons quelques dunes du désert du Namib non loin. Il y a une voie ferrée qui suit la route, elle nous semble en bon état (elle a été refaite et sera vraisemblablement mise en service l’année prochaine) mais est fortement ensablée pour moment. Même la route est parfois coupée à cause des barkanes (dunes mouvantes). En 1908, la ville s’est développée (ainsi que Kolmanskop 10 km avant Lüderitz)  lorsqu’un ouvrier a trouvé un diamant lors de la construction de cette fameuse voie ferrée. La fièvre du diamant a connu son âge d’or et a très rapidement abouti à la création par la Compagnie des Mines, de la zone interdite allant de Lüderitz à l’embouchure du fleuve Orange avec une zone de sécurité de 100km à l’intérieur des terres. Cette zone est toujours effective aujourd’hui même si elle s’ouvre peu à peu au tourisme ; elle s’étend de part et d’autre de la route que nous avons prise. La ville prospère tout de même aujourd’hui avec les diamants et surtout la pêche. Nous y avons d’ailleurs mangé de délicieuses écrevisses.

Nous avons visité la péninsule et dormi à Griffith Bay. Le matin, nous avons pu assisté au spectacle de la vie sauvage d’un beau chacal à flanc rayé en train de manger un springbok…. Je l’ai aperçu en faisant la vaisselle de la porte ouverte du camion !!

La visite de Kolmanskop, ville fantôme occupée par les magnats allemands de la Compagnie des Mines, de 1908 à 1956, est assez originale. La ville était équipée de tous les services de l’époque, il y avait un taxi ­– train ; les maisons avaient l’électricité, l’eau était amenée par bateau de Cape town. Les 400 habitants s’y amusaient bien avec un bowling, un casino et un théâtre avec des troupes venues d’Europe pour se produire là.

Aujourd’hui, les lieux ont été dépouillé de leurs diamants mais Lüderitz possède encore quelques trésors, les agates ; nous en avons trouvé à Agate beach où nous avons également bivouaqué. Il y en a des toutes les tailles ; les enfants se sont même spécialisés dans la recherche d’agates microscopiques.

Ils en ont même trouvé dans le square du front de mer !! Noé les a étudié au microscope avec son père, et a créé pour l’occasion un article dans le « Coin des Enfants » (sur le blog).

Nous avons aussi vu avec le garage pour changer les goujons des roues avant, nous ne savons pas encore combien de temps nous allons devoir rester, mais nous disposons du minimum vital !!! Il y a un bar restaurant avec les bières et les hamburgers pas cher, un super wifi, des toilettes et même des douches (très propres) !!