Shipping à Alexandrie

Nous avons pris la route pour Alexandrie avec Mathilde qui lui restant un jour avant de rentrer, en profite pour faire un saut dans cette ville. Nous sommes surpris de la taille et surtout de la circulation dans cette ville, un enfer en camion …. Nous nous garons près de la grande bibliothèque et allons visiter les catacombes gréco-romaines de Kom El Shugafa. En plein centre ville, elles datent du premier et deuxième siècle de notre ère. Le mélange des styles égyptiens, grecs et romains montrent à quel point cette ville était totalement cosmopolite.

Mathilde repart prendre son train et nous trouvons à nous garer sur l’île de Pharos, près du fort de Quaitbay construit à la fin du 15ème siècle à l’emplacement du célèbre phare. Le meilleur spot de la ville ! Nous promenons un peu en ville, dans le quartier des antiquaires, et passons au centre culturel français .

La corniche en soirée est agréable. Pierre et Maureen, un couple de jeunes journalistes français en voyage, avec qui nous avons beaucoup communiqué par internet, nous rejoignent pour aller manger un bon poisson. Le lendemain c’est journée organisation du shipping. Eux renvoie leur véhicule en Italie, nous en France … pour nous envoler vers la Nouvelle Zélande !! Nous avons décider de profiter du temps qu’il nous reste pour faire ce voyage dont nous rêvons depuis longtemps. Pour cela, il faut une bonne dose d’organisation et d’entraide ! Seb s’occupe de récupérer le camion en France, Mark s’est occupé de récupérer notre véhicule pour la Nouvelle Zélande… C’est avec tristesse que nous laissons notre camion qui nous a si vaillamment transporté jusque là ….

Les pyramides de Guizeh au Caire

Ca y est la date du bateau est prévue, nous allons donc nous diriger vers Alexandrie via le Caire. Il y a plusieurs routes possibles. Nous choisissons une option mais la police nous fait barrage, et nous oblige à prendre la vallée du Nil. La vitesse est de maximum 40 km / heure en raison des nombreux villages, des dos d’âne et de la circulation d’enfer. Nous tombons sur Dorothée qui suit sa voiture d’escorte. Nous lui proposons de la délivrer de ce calvaire (rouler derrière une voiture de police) On l’embarque et à Quena, nous bifurquons vers Hurgada. Un beau bivouac et une bonne soirée ensemble, puis elle reprend la route et nous aussi.

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Nous ne nous arrêtons pas sur la côte. C’est beaucoup moins sympa qu’ à Marsa Alam et il fait super froid…. Nous traversons la Costa Brava égyptienne , en alternance avec les usines pétrolières … Cela nous vaut encore une de nos bivouacs mémorables, sur le parking d’une raffinerie, avec les odeurs qui vont avec … ambiance Fos sur Mer ! Heureusement, il y a la vue sur les Monts du Sinai, juste en face qui est très belle. Entre deux plateformes pétrolières….  Nous achetons du poisson sur la route et nous arrivons en début d’après- midi dans la mégalopole du Caire.

Sam arrive à s’orienter jusqu’aux pyramides de Gizeh,  et à conduire dans une circulation de malade… Nous allons passer l’après-midi aux pyramides.

Nous sommes entrés dans la grande pyramide de Khéops, et c’est à l’intérieur que l’on se rend le plus compte de l’immensité. Il y fait très sombre, très chaud et très humide…. Impressionnant !

Puis nous poursuivons nos visites culturelles au Musée égyptien, où des objets absolument grandioses sont exposés: des sarcophages, du mobilier funéraires, des statues colossales, le Trésor de Toutankhamon … Tout ça est un peu fouillis, mais chouette. Il y en a de toutes les périodes. Le musée doit bientôt déménager dans de nouveaux locaux, immenses au pied du plateau de Gizeh, et du coup c’est encore plus le fouillis….

Nous sommes du coup toujours garés vers les Pyramides, dans la rue vers l’Egyptian Perfume Palace. Ashraf nous invite plusieurs fois chez lui, nous avons passé de très bons moments avec lui et sa famille, Mona, Habiba, Farida et Malak, toutes très sympas.

Nous avons continué les visites avec le quartier le plus ancien du Caire, le quartier copte:

Il s’agit de magnifiques églises construites sur l’ancienne enceinte romaine, avec l’Église Saint Serge, construite où la sainte famille aurait vécu lors de son périple égyptien, avec le puits ; l’Église Sainte- Marie suspendue au dessus du Nil, et la cathédrale orthodoxe.

Puis nous avons rejoint Mathilde à la Citadelle du Caire, avec l’immense mosquée Mohammed Ali.

L’antique Thèbes et sa nécropole royale

En arrivant à Louxor, nous avons vite compris que nous étions encore une fois dans un haut lieu du tourisme. De toute façon ici, on soulève une pierre, on trouve des ruines antiques !! Nous sommes dans l’ancienne capitale des pharaons, Thèbes, toujours le long du Nil. Evidemment les touristes se faisant plus rares, nous sommes très ( trop) sollicités. C’est la ville que nous avons trouvé le plus pénible, surtout par rapport à Assouan, vraiment agréable. Nous avons quand même pu trouver une place sur le parking d’une banque le long du Nil, pour 1€ par jour !!! Nous avons visité le temple de Karnac, immense complexe religieux où chaque pharaon, jusqu’à Alexandre le Grand, a mis sa patte pendant 1000 ans. Un chantier perpétuel. Le temple d’Amon comme une forêt de papyrus est magnifique, certains hiéroglyphes conservant encore de la couleur.

Nous y avons retrouvé Dorothée. Le lendemain, nous avons été à la nécropole sur la rive opposée.

La vallée des Rois avec la tombe de Toutankhamon, la vallée des Reines et le temple de la Reine Hatshepsout au pied de la falaise nous ont  impressionnés et passionnés. Des lieux sacrés, mystiques et magiques. Au Musée de la momification, nous avons rencontré Mathilde, une jeune française en vacances. Nous sommes aussi passé voir Dorothée à son hôtel et baladé en ville.

Nous avons aussi pris quelques photos des colosses de Memnon, qui barraient l’entrée d’un immense temple. Nous avons visité un bateau de croisière superbe avec un groupe de français tous habillés années 20 (croisière à thème) très classe. Pour notre dernière soirée à Louxor, nous sommes allés au musée puis au resto avec Mathilde.

Le lendemain, petit-déjeuner et au revoir à Dorothée qui repart elle aussi…

En route pour la mer Rouge

Nous sommes toujours dans l’expectative d’une date pour le shipping du camion en France, alors nous en profitons pour aller à Marsa Alam . En route, nous visitons le temple d’Edfou dédié à Horus, très bien conservé.

Un peu compliqué d’y trouver un bivouac car ils ne nous laissent pas dormir sur le parking … Ce n’est pourtant pas la place qui manque. Finalement, nous nous posons le long du Nil à proximité du centre-ville.  Bivouac super bruyant car il y a une grosse fête en ville. Nous prenons le lendemain une belle route à travers le désert avec quand même quelques km de travaux, sinon ce ne serait pas drôle !!! Nous sommes trop contents d’arriver en début d’après- midi à ce bivouac dans une anse .

Le site est magnifique. Il y a du vent, nous jouons sur la plage et promenons. Mais les jours suivants, nous en profitons pour nager avec les poissons et les tortues, c’est magique. Les températures sont encore clémentes malgré le vent, et l’eau est bonne. Nous ne sommes pas beaucoup dérangés, il y a juste quelques groupes de plongée (spot idéal pour les baptêmes) avec des moniteurs, et c’est justement l’un d’eux qui nous indique l’endroit où nager avec les tortues (Abou Dabab). La police du littoral est venue nous voir. ils n’arrivaient pas trop à se faire comprendre donc c’est un moniteur de plongée qui devait traduire. finalement nous leur avons passé nos cartes de visite et fait visité le camion, et c’est passé !!

Nous avons dormi dans le désert avant de rejoindre Louxor. Nous en avons profité en plus c’était la pleine lune. Sam a pu réparer une durite de refroidissement grâce aux conseils d’Eric et Seb avant le départ. Une pensée pour eux !!!

Au pays des pharaons

Après 12h de frontière, nous voilà encore au milieu de rien, mais néanmoins en Egypte !! Nous sommes arrivés dans la matinée à la frontière pour sortir du Soudan, malheureusement l’ouverture c’était  13h . Fin des opérations à la nuit, nous avons donc dormi sur place. Cet endroit est un nouveau poste frontière à l’Ouest du Nil, malgré tout beaucoup plus calme que Wadi Alfa.  Nous avons ensuite roulé pour aller visiter Abou Simbel, célèbre temple bâti pour célébrer la victoire de Ramsès II à la bataille de Qadesh contre les Hittites (syriens ?). Ça y est, nous sommes en Egypte, haut lieu du tourisme de masse. Malheureusement, depuis la révolution, et avec les attentats, les touristes ont un peu déserté les lieux, mais nous ne sommes quand même pas tout seuls !! Les chinois sont là ! Lors de la construction du haut barrage d’Assouan, un appel à la sauvegarde fut lancé par l’UNESCO pour déplacer les principaux monuments de Nubie.

Le site a donc été arraché à sa falaise d’origine et entièrement reconstitué, depuis 1968. Le travail, impressionnant, a été bien fait et les rives du Lac Nasser sont belles. Le grand temple est voué au culte d’Amon, de Ptah et de Ramsès II déifié. 2 des 3 statues sont éclairées les 23 février et 23 octobre par le lever du soleil, la troisième, Ptah se devant de rester dans l’ombre. Nous avions déjà été pas mal émerveillés par ce que nous avions vu au Soudan, mais là c’est gigantesque !! Le « petit » temple érigé pour Néfertari l’épouse royale, est aussi fantastique bien que moins monumental. L’intérieur des temples est entièrement décoré et même s’il ne reste pas grand-chose des couleurs, les dessins datant de plus de 3000 ans sont magnifiques. Il y a tant de détails ! Ils figuraient même le mouvement en reproduisant plusieurs fois le même dessin.

A Assouan, nous avons fait un stop pour voir ce fameux barrage assurant l’indépendance énergétique et alimentaire de l’Egypte, mais au prix duquel la Nubie a été noyée et son peuple déplacé , dans le désert, loin du Nil…. Les tensions Egypte / Soudan sont d’ailleurs en grande partie dues au partage des eaux du Nil, plus long fleuve du monde qui concerne 11 pays en tout.

Assouan est une ville nubienne vraiment chouette. Elle se trouve au niveau de la première cataracte. Bercée par le fleuve, l’île d’Eléphantine en est le centre historique. Il y a des ruines de temples, un nilomètre pour mesurer la hauteur du Nil lors des anciennes crues, et nous avons aussi « visité » une école. Le souk en ville nous a plu, c’était agréable, et nous avons trouvé une bonne pâtisserie en face de laquelle le gars nous a offert le thé plusieurs fois.

Nous avons fait une nuit sur la felouque avec Mahmoud et Ahmed. De nuit, vu du Nil, les lumières de la ville sont très apaisantes. La nuit fut bonne dans nos duvets, la felouque transformée en une grande tente. Au matin, nous avons remonté le fleuve jusqu’à la 1ère cataracte, au milieu des îles Kitchener et Eléphantine, avec une lumière splendide. Le désert toujours en arrière plan, les blocs de granit gris, les oiseaux rendent cette balade vraiment sympa.

Et nous avons rencontré un autre Mahmoud, conducteur de calèche, avec qui nous avons également sympathisé. Il nous a invité plusieurs fois chez lui, c’était cool.

Nous avons aussi visité le Temple ptolémaïque de Philae sur une île en amont  du barrage toujours sur le Nil, lui aussi sauvé des eaux. Ptolémée étant un général d’Alexandre le Grand , qui à sa mort, a repris le flambeau du parfait dictateur ….

Les selfies en Egypte, au début ça va, mais au bout d’un moment quand c’est quinze fois par jour … C’est comme les backshishs pour les gardiens des temples, qui te disent deux mots, à peine compréhensibles, sur ce que tu vois et qui réclament contributions sonnantes et trébuchantes pour nourrir la famille, les enfants etc … Pénible !!! Nous avons bien aimé le Musée Nubien, avec une statue de 8 m d’un pharaon et de beaux sarcophages, ainsi que des scènes de vie de l’ancienne Nubie. Il y a aussi un truc pénible en Egypte, c’est le crédit photo. En fait, la plupart de nos photos prises dans les musées ou à l’intérieur des sites sont « volées », car il faut toujours payer un ticket photo en supplément de l’entrée. Ça aussi c’est ultra pénible.

 

En hiver dans le désert du Soudan

Après l’Ethiopie, nous redescendons vers la chaleur et le désert au Soudan. Nous y retrouvons de grands espaces vierges, et par la même occasion, de magnifiques bivouacs sauvages. Nous n’avons qu’un visa de transit de 15 jours. Nous filons donc à Khartoum chez Norbert, se poser deux jours. Il fait encore très chaud dans les 45 degrès. Ici nous pouvons battre nos records de vitesse sur route, alors pas besoin d’extension de visa !!! Nous nous baladons un peu en ville et faisons un tour sur le Nil en bateau, histoire de voir la convergence des deux rivières Nil Bleu (venant d’Ethiopie au lac Tana) et Nil blanc venu du Kenya (lac Victoria). Dire que les explorateurs européens se sont acharnés à trouver la source du Nil pendant des années !! Nous profitons aussi de la piscine et du « tout-inclus » (repas, lessive, piscine, douches)

Puis nous repartons à travers le désert pour une petite journée de route à Méroé. La lumière en fin de journée est magique. Cité antique royale, dernières pyramides construites en Afrique il y a 2000 ans, ces monuments usés par le vent et le sable restent pour nous majestueux. Pillées au fil des siècles, même dès la fin de l’Antiquité, ils recelaient des trésors. Ici gisaient les derniers rois et reines de la civilisation nubienne, du pays de Koush, avec leurs serviteurs et leurs trésors (or, ivoire, pierres précieuses…).  Les tombeaux sont souterrains, les pyramides elles-mêmes n’étant remplies que de remblais. Ces royaumes millénaires ont mêlés différentes cultures (égyptienne, perse, grecque, romaine …). Ils étaient à la fois rivaux et partenaires de la grande Egypte et l’ont même dominée sous le règne du pharaon noir Taharqa.

Le lendemain nous visitons la cité royale dont il ne reste plus grand-chose, le long du Nil fertile. Méroé était d’ailleurs à l’époque une oasis de verdure où de nombreux paysans cultivaient leurs champs autour de la cité et de la nécropole. Le seul vestige encore visible sont les bains royaux, dont Hérodote pensait que l’eau de jouvence assurait la longévité hors norme du peuple méroitique. Les archéologues ont encore beaucoup de travail au Soudan, les fouilles s’effectuent sur les différents sites, mais seulement durant les mois d’hiver. Là, en novembre, il fait facilement encore 40 degrés mais en été c’est plus de 50 degrés… Surement encore plus chaud que la Namibie !!! Nous tombons donc sur des fouilles qui bloquent l’accès aux bains royaux. Tant pis, c’est chouette de voir que les recherches continuent. Si vous voulez en savoir plus sur cette civilisation antique méconnue, regardez Ushuaia Nature, il y a un épisode sur le Soudan « Au pays des pharaons noirs ». Pour les « nostalgiques » de l’ancien Nicolas Hulot !! Comme il dit si bien à la fin, l’homme prête beaucoup d’attention à son passé, mais si peu à son avenir ….

Nous poursuivons la visite vers Karima, aux pyramides de Nuri et au Djebel Barkal. Nous avons beaucoup aimé ce lieu, sans doute notre préféré au Soudan. Nous avons été au sommet voir la vue et à la descente, Mohamed est venu nous trouver.

Nous avons payé ce que nous estimons juste pour les sites archéologiques (200 à 300 pounds soudanais), car ils demandent toujours 10 dollards US par adulte car c’est un nouveau décret du Ministère du Tourisme. Mais c’est ridicule, déjà qu’il n’y a pas grand monde, si c’est aussi cher personne ne viendra …. Surtout que les guides ne parlent qu’en arabe !!!! avec trois mots d’anglais ! Chouia chouia quoi !! Bon bref du coup, Mohammed est bien tombé car il nous a ouvert le temple de Mout où nous avons pu voir des très belles peintures, et il nous a emmené visiter El Kurru, un autre site incroyable à quelques kilomètres !!! Même le désert autour est magnifique.

Grâce à lui, nous avons aussi été voir le petit musée où les archéologues déposent les plus grosses pièces des fouilles actuelles (Lions notamment). Nous avons encore rencontré une équipe de fouilles de l’université de Venise.  Mohammed nous a aussi convié pour manger le midi, le matin et le soir. On s’est régalé avec le foul (plat de lentilles, fèves et haricots rouges avec du pain et des œufs durs) et thé.

L’expérience Soudan c’est donc ça : des pyramides, des grands espaces désertiques , des dromadaires et des gens adorables. ET des routes parfaites !!!!!

Nous y avons profiter de magnifiques bivouacs en plein désert et pourtant non loin de la route. Le dernier jour, le vent s’est levé, soulevant le sable et faisant chuter les températures drastiquement. Maintenant nettement plus au nord, les températures ont chuté dans les 20 degrés. Nous avons opté pour la toute nouvelle frontière de la rive opposée du Nil par rapport à Wadi Alfa, à Argeen pour rejoindre l’Egypte. C’est là que transitent tous les camions transportant les dromadaires pour les marchés égyptiens. Quel trafic !